Digital art et poème par Idriss Naoui - inspiration Peinture de la Renaissance
Dans la salle où le froid dévore la lumière,
L’ombre drape de noir la folie des humains.
Les juges aux yeux secs, un cœur de pierre,
L’observent comme on toise un spectre du malin.
Elle, fragile au centre, en haillons de silence,
Se dresse frêle et droite, délaissée des siens,
Sous les regards en feu d’une foule intense
Avide de voir choir un démon de ses liens.
Le prêtre avance, grave, d’une voix sombre et fiévreuse,
Psalmodie ses mots, enchaînant la raison.
« As-tu, pécheresse, l’âme impie et ténébreuse,
Offert ton cœur au vice, à la noire saison ? »
Elle se tait, stoïque, face aux rumeurs cruelles,
Face aux mots qui brûlent, au poison de l’esprit.
Chaque mot, chaque geste, accuse la rebelle,
Érige en vérité leur venin et leurs cris.
On brandit les preuves : un onguent, une plume,
Un herbier fané, comme preuves des enfers.
Un fragment de la lune, une étoile posthume,
Qui attestent du pacte aux mirages amers.
Les témoins défilent, menteurs aux yeux ardents,
Des voisins, des anciens, un enfant qu’elle a guéri.
Tous se font prêtres d’un jeu de mots troublants,
Dévidant leurs maux sur un seul alibi.
Elle écoute, glacée, effrayée, leur folle sentence,
Cernée par les diables des âmes égarées,
Tandis que leur folie crie l’indifférence,
Que nul n’entend raison, que tout est figé.
Ses mains frémissent sous le poids des mensonges,
Mais son cœur, enfiévré, ne pliera point.
Elle est cette lueur, ce sourire qui ronge
Les ténèbres pesant sur le cercle des soins.
Les juges, alors, se lèvent, ombres austères,
Dévoilant leur verdict de voix acérées.
Mais elle, libérée, dans un ultime éclair,
Scelle leur folie d’un silence sacré.