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The Burnt One

Artwork / poème Idriss Naoui - Photoshop

La Geôle des Flammes

Sous les cieux bas du Nord, où la noirceur est reine,
Des cris déchirent l’aube, sourds, presque inhumains.
Le village est rassemblé, les torches souveraines,
Éclairent le bûcher où s’éteint un destin.

Elle, aux mains enchaînées, sorcière accusée d’ombres,
De pactes infernaux, de danses au Sabbat,
Guérisseuse aux secrets jalousés par les hommes,
Se tient là, condamnée par le sombre prélat.

La rumeur va grandir, s’enrouler sous les cendres,
Sur son corps éreinté qu’un supplice enserre,
Elle sent déjà poindre, en elle comme en les pierres,
L’étreinte des flammes en un frisson amer.

Les flammes chatouillent, lentes, les doigts de ses chevilles,
S’infiltrent dans sa chair, explorent son péché.
Les bûches crépitent, ivres de mille vrilles,
Et dansent sur sa peau d’un zèle déchaîné.

La fumée prend l’air en tourments insatiables,
S’étirant du sol jusqu’au grand firmament.
Son souffle lui échappe en spasmes ineffables,
Son être se fond dans le cri du tourment.

Ô croix du crépuscule, ô maudite lumière,
Qu’as-tu fait de ses pleurs, de sa vie sous la main
Des rois de l’obscurité, qui jaugent la poussière
Pour que toute guérisseuse y retrouve son chemin ?

Mais d’un éclat fébrile, ses lèvres desséchées
Susurrent en secret aux flammes sans pitié,
Des paroles anciennes, au vent confisquées,
Un ultime mystère aux cendres, condamné.

Et le feu dévore tout, jusqu’au moindre des rêves,
Jusqu’à ses maux, ses rires, jusqu’à ses vœux d’antan.
Elle part, mais l’écho, frissonnant sur les grèves,
Conserve de sa voix le murmure ardent.